lundi, juin 05, 2006

PROFESSION; SCÉNARISTE

C'est écrit sur mon passeport.

C'est écrit sur ma déclaration de revenus.

Mon agent m'appelle régulièrement pour me parler de gens qui conduisent des Mercedes, possèdent des maisons de campagne et qui sont prêts à payer pour que j'écrive autre chose que mon nom en lettres attachées (more on that later).

Je suis comme St-Thomas, j'ai besoin de preuves.

Si c'est écrit, ça doit être vrai.

Pour ceux qui croient encore que c'est une profession glam et intello, passez go. C'est une job de kamikaze, de fou furieux, de loners excentriques, de bipolaires prédisposés à la crise cardiaque en bas âge, de marginaux déviants.

C'est la job qui se rapproche le plus de celle de boxeur.

Monter dans un ring ou écrire un scénario, c'est exactement la même chose. Quand vient le moment de vérité, t'es tout seul avec ton combat.

Pour le boxeur, c'est l'autre. Pour le scénariste, c'est le texte.

Il faut être en shape. S'entrainer. Bien manger. Se coucher tôt. Se concentrer. N'attendre rien de personne.

Quand t'as de la chance, t'as un bon coach, un bon soigneur. Quand t'as de la chance.

Il y a toujours un Don King dans le décors qui va faire des million de plus que toi avec ton combat, tes poings, tes plaies.

Le même trac au moment d''y aller, la même solitude parfois insoutenable, la même exaltation du corps qui prend le dessus sur la peur, le même public qui vient chercher son thrill à regarder un autre risquer sa vie à sa place.

Les mêmes tab' de gérants d'estrade...

Pourquoi on le fait? Pour la même raison que les boxeurs.

Pour gagner.

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