lundi, juillet 24, 2006

Gros z'ego

Ego.

Comme les gauffres. Bien doré et croustillant, plein de sirop d'érable clair et de beurre fondu, l'ego a pourtant bien mauvaise presse.

"Monsieur Untel a un gros ego, Madame UneTelle a un bien plus gros ego".

C'est bien connu. Une femme qui dit "je" ouh la la, c'est comme une femme qui boit. C'est pire.

Je m'explique. Dans cet article "je blogue donc je suis", ça raconte que bloguer est un acte narcissique, propulsé par l'ego. Eh beh ma bonne dame! Oui, oui, vous et moi, amis blogueurs. Ça a l'air laid, dit comme ça hein? Gros ego, ça sonne un peu gros jambon.

Ça occulte les rencontres, les échanges, l'information vue autrement, la découverte d'autres planètes que la sienne, l'ouverture, l'édition démocratisée, la percée de talents qui ne seraient pas manifestés autrement.

Des âneries? Ben oui. Mais y'en a partout, des âneries. Des fois, y'a même des ânes qui sont payés très cher pour en raconter, alors... Et c'est comme la télé, si n'aime pas ce qu'on voit, on ferme le poste. On est pas tous lobotomisés quand même.

N'importe quelle exposition de soi, n'importe quelle manifestation artistique est propulsé par l'ego. Se projeter dans le "je" demande qu'on dépasse le censeur intérieur. Celui qui répète de sa vilaine petite voix de canard nasillard qui te nargue; "tu fais de la mardeuh".

Ben oui, je le savais, merci de me le rappeler!

Mozart devait demander à sa Constance de lui faire la lecture à haute voix pour occuper le canard pendant qu'il composait. Sinon, il bloguait. Euh, pardon, il bloquait.

Poursuivons le raisonnement. Wolfgang a réussi à terrasser le canard grâce à l'amour de sa Constance et à la force de son ego.

Ce qui nous a valu sa *"petite musique de nuit"...

Fermez les yeux. Là. Entendez-vous le bruit de son coeur qui se déchire?

Dites moi maintenant que c'est mal un ego qui se manifeste...

***


*Selon vos goûts, remplacez Mozart par The Cure, Sinatra, Renée Martel, Callas ou Springsteen, whatever turns you on.