samedi, juin 10, 2006

Denys Arcand

Lu dans le recueil de ses écrits divers, publiés chez Boréal dans la collection "hors champ", page 180.
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"Je ne m'en souviens pas très bien, mais il se peut qu'autrefois j'aie eu des certitudes à propos du métier de réalisateur. Chose certaine, aujourd'hui, je n'en ai plus. Comme pour tous les artistes, tout est vrai, tout est faux, tout est possible. Bach était pauvre et avait beaucoup d'enfants, Haendel était riche et célibataire. Goethe était ministre, Dostoïevski bagnard. Orson Welles a tourné Citizen Kane a vingt cinq ans, Luis Bunuel le charme discret de la bourgeoisie à soixante douze. Hawks et Kurosawa étaient de redoutables golfeurs, on imagine mal Fassbinder ou Almodovar sur les links. John Ford n'aimait pas les actrices, Von Sternberg ne vivait que pour Marlene Dietrich. Le régime des ayatollahs iraniens a produit un cinéma plein de vie, les démocraties canadienne ou suisse n'ont jamais produit grand' chose (! parlez-moi de ça quelqu'un qui assume ses opinions! ) Clint Eastwood était acteur, Kubrick photographe, Claude Jutra médecin et Mankiewicz géologue.

Il y a mille manières de réaliser des films, autant de manières que de réalisateurs. Il faut trouver sa voie et elle sera malheureusement intransmissible. Je ne peux rien dire sur la manière dont je fais mes films. C'est trop intime, trop compliqué, trop simple. Je peux cependant dire que j'ai été élève des Jésuites, comme Bunuel et Hitchcock.

C'est déjà ça".

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Sacré Denys

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Dans la catégorie citation succinte qui résume en fessant dans le dash de l'incrédule, il y a William Goldman (adventures in the screen trade, hilarant, all the president's men, sidérant):

"Nobody knows anything"

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Yep.


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