vendredi, août 04, 2006

Une fois c'est une fille

Productrice. Intelligente. Du goût. Beeeeh oui, c'est rare comme de la marde de pape mais ça se peut. Pas charismatique pour deux sous, elle s'en fout, ce qu'elle aime, c'est le travail lui-même, pas les photographes.

Donc, cette fille produit une série. Son auteur travaille comme un nègre mais sous son vrai nom. Les fins de semaine, le soir, la nuit, à pas se rappeler du nom de sa blonde. Il livre mais il a pus de vie. Cerné le gars. Sa productrice s'inquiète. Lui trouve de l'aide. L'aide en question s'avère être plus de trouble que d'aide. Oh well. Ils font avec. Ils bossent.

Un jour, la série se termine. La productrice ferme les livres. Se rend compte qu'il lui reste un peu d'argent.

On s'entend, pas pour s'acheter un jet. Mais assez pour passer une semaine dans un spa sur le bord de la mer.

Elle appelle son auteur: "Dis donc, t'as travaillé fort. Il reste de l'argent, je te l'envoie".

Ce qui fut fait le jour même.

Pour les sceptiques qui auraient tendance à penser que c'est une légende urbaine, je le jure, celle là, c'est pas de la fiction.

***

Les trois, ok quatre, mensonges du métier. Ou la version Québec de "this won't hurt, I won't come in your mouth, your check is in the mail".

- Non, non, tu dramatises, pas une nouvelle version, juste deux ou trois retouches. T'as juste à changer la scène 3, 13, 23, 33, 43, 53, 63, 73 et toute la finale. Avec Final Draft ça se fait tout seul.

- Ton chèque? Je pense qu'il a été posté. T'as rien reçu? Ça doit être un malentendu, j'arrive de vacances, mon adjointe est en burn out (les vraies secrétaires efficaces sont out, remplacées par des assistantes dash adjointes dash expertes en cappuccino dash aucune résistance nerveuse) la comptable est en vacances.

(en novembre?)

- Il faut qu'on aille rencontrer le diffuseur à Toronto-Halifax-St.John (insérer destination qui implique un séjour à l'hôtel). Ils veulent absolument discuter des textes.

(la réunion dure vingt minutes mais le retour à l'hôtel, lui, est un marathon diplomatique pour éviter les mains baladeuses et la langue fougueusement humide, parce que hein, faudrait quand même pas que l'hôtel soit payé pour rien).

- Ma femme? (air de basset accablé) Depuis les enfants tu sais... (insérer le même soupir que quand on pose la question du chèque). Je suis devenu juste un pourvoyeur pour elle. Il se passe plus rien entre nous. On ne fait même plus l'amour. T'es tellement différente. (air de basset qui reprend espoir) Je veux que tu sois ma dernière aventure avant ma mort.

Eeeeeh.

Et je ne vous parle même pas des égos meurtris qui pardonnent mal qu'on puisse ne pas avoir du tout envie de la langue en question.

The things we do to earn a living, I tell yah. Indiana Jones à côté, c'est de la petite bière, que dis-je, de la .5

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